Un Noël en Angleterre : entre art et traditions

Noël oblige, on ne pouvait pas ne pas parler de traditions so british et 100% Christmas pour cette première année. Les Français, les Européens plus largement, voient Noël. Parlons donc cette année de traditions de Noël. Celles-ci allient production artistiques, créations culinaires et traditions orales. Le meilleur de Noël made in England, c’est par ici.

Uncle John with the Young Folk : “All prizes and no blank”, Arthur Boyd Houghton, 1865, Tate Britain

Noël en Angleterre rime souvent avec kitch. En réalité beaucoup de nos traditions populaires et profanes viennent de chez eux : le chant de Noël, la carte de vœux ; et ce ne sont que les plus connus. Alors en cherchant sur internet – parce que bien évidemment  il n’existe pas de livres sur les traditions de Noël, ou en tout cas pas toutes rassemblées, ou alors introuvables de nos jours. Alors on a tenté de notre mieux de faire le tour des traditions à la fois culinaires, orales et plastiques. Il s’agit cependant en Angleterre d’un temps que les gens concentrent sur leur famille.

A Christmas Carol, illustration du conte de Charles Dickens.

D’un part, on retrouve tout ce qui concerne le spectacle et les chants. Qui ne connait pas les célèbres « Christmas Carols ». la plupart de ces chantons, aujourd’hui traduites dans toutes les langues du monde entier, viennent de Grande Bretagne ou d’Allemagne. Il s’agit d’une tradition qui apparait à l’époque victorienne, tout comme le sapin et d’autres traditions que nous verrons plus loin. La plupart des chansons que l’on écoute aujourd’hui ont plus ou moins de 200 ans. Pourtant, des musiques étaient créées pour Noël au Moyen Age mais la Réforme austère anglicane les a fait disparaitre en même temps que les monastères. L’un des rares encore conservés est par exemple le « Puer Natus Est Nobilis » de Thomas Tallis, pour la messe de Noël à partir de 1554. Dans un registre plus connu, on retrouve la très célèbre chanson « Silent Night » (1818, Allemagne) ou encore « Good King Wenceslas » (1853, hérité d’une chanson scandinave médiévale) ou encore « The Herald Angels Sing » (1739 voir plus tôt). D’autres chants sont plus profanes : « I Saw Three Ships » (XVIIème siècle) et « The Holly And The Ivy » (XV-XVIème siècle).

Princesses Elizabeth et Margaret dans une production d’Aladdin, 1943, National Media Museum

Outre les chants, dans un registre moins connus, sont les pantomimes, influencé par la commedia dell’arte, mais qui reste typiquement anglais. Encore aujourd’hui ont lieu chaque année des spectacles mêlant chants, musique, danse, comédies et gags. Il se développe à partir du XVIIème siècle et on y retrouve certains personnages phares de la comédie italienne tel Harlequin, au point qu’on les appelait aussi « Harlequinade. » Tout d’abord héritées des mythes classiques antiques, elles puisent ensuite leur inspiration à partir des contes de fées au XIXème siècle ainsi que des classiques de la littérature française.

Arbre de Trafalgar Square – Noël 2013

En ce qui concerne la décoration de Noël, on sait que depuis le Moyen Age, les églises étaient ornées de houx et de lierre, d’où la chanson « The Holly and the Ivy ». Au XIXème siècle, apparait l’arbre de Noël, tradition importée de l’Allemagne, d’abord au sein de la famille royale, alors largement liée aux familles princières de Prusse, puis démocratisée parmi le peuple. Aujourd’hui, tous les ans depuis 1947, la Norvège offre l’un de leurs sapins pour orner la place de Trafalgar Square en remerciement pour leur aide lors de la Seconde Guerre Mondiale. Aux pieds de celui-ci, des chorales associatives chantent tous les soirs pendant les trois semaines  avant Noël, en général à partir de la Saint Nicolas (6 Décembre). Dans les maisons, les décorations pour cette période en Angleterre, et plus généralement partout où on fêtait Noël, étaient vert et rouge, symbolisant la continuité de la vie à travers l’hiver et donc la vie éternelle d’une part et le sang du Christ qu’il devra verser pour sauver l’humanité. Les lieux, religieux ou profanes, n’étaient décorés que la veille de Noël. Aujourd’hui, ce sont toujours les deux couleurs majeurs des décorations britanniques, réalisés 2 à 3 semaines avant Noël. On les enlève en général autour de l’épiphanie.

Christmas pudding

En ce qui concerne le côté culinaire, on note tout d’abord le célébrissime Christmas pudding, inventé au Moyen Age. Un autre bestseller de la saison est le « mince pie » : version salé ou sucré, il existe depuis le Moyen Age et sont encore réalisés de nos jours. Au menu de Noël, vous dégusterez une volaille, une dinde à partir du XVIème siècle (parfois un roast beef ou un rôti de porc), accompagnée de différents accompagnements dont les pommes de terre et de nombreuses sauces : gravy, menthe, cranberry, etc. Ce festin de rois se déploie sur les tables britanniques le 25 au midi. Il est rare, à l’inverse de la France aujourd’hui, de trouver de grands repas le 24 au soir. Le Canada et les Etats Unis mangent similairement la même chose.

Première carte de vœux, Sir Henry Cole et John Calcotte Horsley, 1843

Enfin, quoi offrir à ses proches ? Les enfants restent toujours les rois, tout comme ces derniers qui reçoivent et s’échanges des présents au moment des étrennes de fin d’année et de janvier avec la cour et les différentes familles royales d’Europe. Des jouets ou des armes de chevaliers pour les premiers, des tapisseries luxueuses ou des objets précieux. Aujourd’hui on les offre le 25, au matin, disposés sous le sapin pour les plus petits. Les best-sellers ? Des livres, des jouets, des activités culturels et les bijoux. Accessoire obligatoire du présent : la carte de vœu ou « Christmas greeting card ». Inventées en 1843 par Sir Henry Cole et John Calcotte Horsley, elle présente alors une iconographie entre religion et profane avec une famille de 3 générations portant un toast. Elles sont échangées tout le long du mois de décembre, suivies de la carte du Nouvel An, parfois couplées.

Que de traditions, que de diversité. Il n’était bien évidemment pas possible de tout réunir sur cette page. On retrouve certaines traditions que l’Angleterre partage avec le continent, et d’autres typiquement insulaires. On compte une littérature foisonnante qui a aussi influencée ces nouvelles traditions, tel le célèbre Christmas Carol de Dickens. A la semaine prochaine pour le dernier article de l’année. Merry Christmas !

Bibliographie :

http://usa.britishcouncil.org/british-christmas-traditions

http://www.historyextra.com/feature/christmas-celebrations-old-versus-new

http://www.historyextra.com/feature/christmas-songs-oldest-ones-are-best

http://www.historyextra.com/feature/taste-christmas-past-historical-festive-recipes

http://en.wikipedia.org/wiki/Pantomime

http://en.wikipedia.org/wiki/Christmas_dinner#United_Kingdom

http://en.wikipedia.org/wiki/Christmas_card

Pour aller plus loin :

BAKER Margaret, Discovering Christmas Customs and Folklore: Seasonal Traditions in the British Isles, Europe, North America and Australia, Osprey Publishing, 1992

A Literary Christmas : An Anthology, British Library et The University of Chicago Press,

Publicités