Introduction à la mode, avec Rosemary Harden

Conservatrice au Fashion Museum de Bath et commissaire de la dernière exposition « Georgians : Dress for Polite Society », Rosemary Harden a accepté de répondre à quelques questions concernant l’exposition mais aussi ce musée de Bath, hébergé dans les prestigieuses Assembly Rooms, malheureusement encore peu connu du grand public. Propos recueillis avec l’aide de Maggie Bone, service presse du Fashion Museum.

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Un Art Anglais (UAA) : D’où est venue d’idée d’une si grande exposition ? Comment l’avez-vous organisée ?
Rosemary Harden (RH) : L’exposition « Georgians » a été programmée pour coïncider avec le 300ème anniversaire de l’établissement de la dynastie de Hanovre sur le trône de Grande Bretagne. Il y a un grand nombre d’expositions en lien avec cet anniversaire cette année, et l’équipe du musée a jugé que Bath, en tant que ville typique de l’époque georgienne, était l’endroit parfait pour une exposition sur l’époque georgienne et sa mode.
Notre point de départ pour l’exposition fut la fantastique collection de robes d’origine conservée au sein du Fashion Museum de Bath, une des plus grandes collections de costume historique et mode contemporaine au monde. Nous voulions montrer l’évolution chronologique de la mode anglaise de 1714 à 1830 et proposer à travers elles quelques-unes des très nombreuses histoires que nous pouvions raconter à travers elle à cette période.

UAA : Comment décrieriez-vous  la mode anglaise au XVIIIème siècle en quelques mots ?
RH : La mode est superbe notamment grâce à la qualité des tissus. Des draps fins de West Country  pour les tenues taillées des hommes à la soie colorée et raffinée de Spitalfields à Londres, l’Angleterre excellait alors dans la production des tissus les plus fins.

UAA : Y-a-t-il seulement des pièces du Fashion Museum de Bath dans cette exposition ? Avez-vous fait appel à des œuvres françaises ?
RH : Tout ce qui est exposé dans cette exposition fait partie des collections du Fashion Museum à part celles de la dernière partie « Modern Georgians », qui ont été généreusement prêtés par des stylistes britanniques contemporains [Alexander McQueen, Vivienne Westwood ndlr].

UAA : Quelle est votre pièce préférée de l’exposition ?
RH : J’aime chacune des pièces présentées dans cette exposition. Il y a cependant une pièce que j’affectionne tout particulièrement, il s’agit d’un groupe de robes en riche soie damassée vert, jaune et rouge des années 1740-50. Quand nous étions en train de préparer l’exposition, nous les surnommions affectueusement le groupe « traffic light » [litt. feu tricolore, objet phare ndlr] – Je ne sais pas si vous avez la même expression en France.

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UAA : Est-ce que la mode anglaise est un sujet bien étudié ou y-a-t-il encore quelques angles qui ont besoin d’être éclaircis ?
RH : Il y a toujours plus à découvrir  à propos des différents aspects de l’histoire de la mode, et le XVIIIème siècle ne fait pas exception. C’est le but des collections de robes originales  comme les collections du Fashion Museum. Nous encourageons quiconque est intéressé à poursuivre des études dans ce domaine de venir et voir les véritables exemples de costumes encore conservés que ce soit dans les galeries du musée que dans les salles d’étude

UAA : Quel livre conseilleriez-vous à nos lecteurs sur le sujet de votre exposition, outre le catalogue bien sûr ?
RH : Le Professeur Aileen Ribeiro est l’une des pionnières et principales chercheurs concernant la mode du XVIIIème siècle et j’encourage ceux qui sont intéressés de lire tout ce qu’elle a écrit. Le livre pour commencer serait « A Visual History of Costume. The Eighteenth Century » d’Aileen Ribeiro [1983, ndlr].

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