L’œuvre de Beatrix Potter

Bientôt nous célébrons les mamans et à cette occasion, je vous propose de découvrir un des plus grands écrivains et artistes de la littérature enfantine. Au même titre que les contes de Perrault en France, les aventures de Pierre Lapin rythment l’enfance des petits anglais depuis plus d’un siècle. A l’origine de ces formidables contes, une femme, Helen Beatrix Potter. Retournons donc en enfance cette semaine et découvrons l’imaginaire de cette femme à part…

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Etude de Pierre Lapin par Beatrix Potter, ©Frederick Warne & Co 2006

Helen Beatrix Potter nait à Londres le 28 juillet 1866. Issue d’une famille bourgeoise, elle reçoit donc une éducation dont des cours de dessins vers l’âge de 12 ans. Elle reçoit rapidement un prix pour son talent de dessinatrice à partir d’un modèle et de manière libre par le South Museum of Kensington, c’est-à-dire le Victoria & Albert Museum. Elle est alors âgée de 14 ans. Dans son enfance, elle séjourne dans différents endroits qui lui serviront par la suite d’inspiration, notamment le Lake District qu’elle visitera pour la première fois en 1882. Elle achète un lapin en 1890 qu’elle nomme « Benjamin Bouncer ». Ce dernier lui servira d’inspiration pour toute sa carrière. Dès 1892, elle vend des modèles pour des cartes postales lors d’une vente aux enchères. Cependant, un an plus tard Benjamin meurt et elle achète un nouveau lapin, Peter. C’est le début de sa carrière littéraire et artistique.

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Beatrix Potter à l’âge de 15 ans, 1881, National Trust

On connait l’histoire de Pierre Lapin pour la première fois dans une lettre de Beatrix daté de 1893 où elle y ajoute plusieurs premiers dessins. La publication n’aura cependant pas lieu avant 1902 suivi chaque année d’un ou plusieurs contes jusque quasiment à sa mort en 1943. Au total, elle publie plus d’une vingtaine de contes. Ces contes sont tous accompagnés d’illustrations réalisées par elle-même. Publiés avec la maison d’édition Frederick Warne & Co. Les dessins sont alors transposés en gravure. Cependant, Beatrix Potter fit attention aux couleurs qui devaient reprendre  les mêmes tons que ces aquarelles. C’est ainsi qu’on a une représentation fidèle du monde de Beatrix Potter. Car il s’agit bien d’un monde qu’elle développe  autour d’un village, Sawrey. 20 ans après la publication du premier conte, ces derniers sont diffusés notamment en France, et publiés en braille.

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Illustration du Conte de Pierre Lapin, 1902, ©Frederick Warne & Co 2006

Sawrey est un village dans lequel Beatrix Potter s’installe en achetant la ferme de Hill Top en 1905. Situé dans la campagne, c’est à partir des éléments qu’elle trouve autour d’elle qu’elle développe ses histoires. On retrouve Pierre Lapin, le jeune lapin et sa famille dite « Flopsaut » qui vivent dans un terrier à la ferme, mais aussi Jeannot (le fameux Benjamin), le cousin de Pierre, qui vient visiter sa famille, mais aussi d’autres personnages comme le renard Tod qui avec Ernest Blaireau tentent de manger l’oie Mme Sophie Canétang et encore plein d’autres personnages. A la représentation très naturaliste  des animaux est associée une volonté d’humanisation de ses personnages avec des vêtements, des attitudes. Elles dénotent un véritable sens de l’observation de la part du peintre.

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Etude de nature morte, 1883, Victoria & Albert Museum

Dès son enfance, Beatrix avait été encouragée à  dessiner, réalisant des croquis d’animaux et de plantes, montrant une fascination pour le monde naturel  qu’elle développera tout au long de sa carrière. En effet, outre ses réalisation personnelles, Beatrix Potter fut appelée à réaliser divers dessins illustrant des fossiles, découvertes archéologiques, éléments végétaux et rapports microscopiques. Elle réalisa aussi quelques dessins de paysages qu’elle intègre aussi dans ces illustrations de livres. Elle étudie entre autre les champignons au Royal Botanic Gardens et présente divers papiers scientifiques comme celui qu’elle présente en 1897 au Linnean Society mais qui ne sera malheureusement pas publié.

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Croquis d’un jardin à Gwaynynog (Pays de Galles), Mars 1909 ( ?), Victoria & Albert Museum

On peut avoir une vision de la vie de Beatrix Potter à travers son journal codé qui fut publié en 1966, soit 23 ans après sa mort (22 décembre 1943). Alors présentée comme une personne timide et réservée, ce journal montre un tout autre visage de l’artiste qui se montre plus ouverte et critique sur son temps. C’est aussi à partir de cette époque que ses illustrations scientifiques sont finalement utilisées, notamment dans un recueil sur les champignons. Une société sur sa vie et son œuvre est organisée en 1980, une galerie de ses œuvres est ouverte à Hawkshead. Depuis une trentaine d’années l’engouement pour Beatrix Potter est global : attraction, film, dessins animés, etc. montrent l’importance de Beatrix Potter sur la culture et les enfants britanniques. En 2002, le centenaire de la publication de Pierre Lapin permit la réimpression des contes.

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« Study of a spray of rose-hips », 1878-79, aquarelle, Victoria & Albert Museum

Chaque anglais a connu dans sa vie les tendres aventures de Pierre Lapin et de son village. Pourtant, si Beatrix Potter est surtout connue pour ses contes illustrés, on en oublie facilement son esprit brillant et sa vocation de scientifique. Rapidement, les aventures de l’intrépide lapin et de ses amis deviennent une franchise appréciée par les 0-6 ans : livres, jeux, peluches, poupées, etc. Il s’agit en réalité d’une des premières histoires à être accompagné d’un merchandising, aujourd’hui un des plus importants en Angleterre dans la catégorie des enfants.

 

Bibliographie :

http://www.peterrabbit.com/

Article Wikipedia : Beatrix Potter

Portail de Beatrix Potter sur le V&A : http://www.vam.ac.uk/page/b/beatrix-potter/

Œuvre de Beatrix Potter sur le projet Gutenberg : http://www.gutenberg.org/browse/authors/p#a292

Beatrix Potter Society : http://beatrixpottersociety.org.uk/

 

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