La représentation de Noël à l’époque victorienne

 Par Alexis Dussaix

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Noël dans la famille royale victorienne
Le premier Père Noël anglais apparaît dans son costume traditionnel rouge et blanc sur une gravure sur bois de 1653, mais l’histoire du Père Noël arrivant sur son traîneau (sleigh) tiré par des rennes (reindeer) et descendant le long de la cheminée (chimney) vient des Etats-Unis.
La tradition de l’arbre de Noël (Christmas tree) a été introduite grâce au mari de la Reine Victoria, le Prince Albert de Saxe-Cobourg Gotha, qui a amené cette coutume d’Allemagne en 1840.
Noël était un temps spécial pour la Reine Victoria et sa famille et leurs célébrations ont inclus des traditions familières à nous maintenant, en incluant des Arbres de Noël décorés, en envoyant de Cartes de Noël, en échangeant de présents de Noël, en offrant un repas généreux et cadeaux aux pauvres.

02Cette peinture de Guillaume Corden montre l’arbre de Noël de la jeune Reine Victoria au Château Windsor, en 1850. (Conservé au Royal National Trust).
Dans son entrée de journal pour le 24 décembre, le jour où la Famille Royale a traditionnellement échangé des présents, la Reine écrit : »à un peu après 6 heure, nous nous sommes tous réunis et mon Albert chéri m’a d’abord amenée à mon arbre et table, couverte par de tels cadeaux innombrables, vraiment trop, trop magnifique« .
Les présents qu’elle a reçus sont inclus une peinture pour aquarelle par Corbould, les peintures à l’huile par Mme. Richards et Horsley, quatre bronzes et un bracelet conçu par le Prince Albert qui a inclus une miniature de leur fille Princesse Louise.

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Extrait du court-métrage Disney – 1983 – Disney©

Charles Dickens et le noël victorien
Durant le 19ème siècle, Noël est un joyeux festival de lumières, de couleurs, de sons et de parfums. Une grande partie des coutumes de Noël d’aujourd’hui (les échanges de cadeaux, les festins, l’arbre de Noël) sont d’origines diverses mais se sont fondues à l’époque victorienne. Les familles royales d’Europe, les revues de mode et les gros marchands ont également influencé la nature des célébrations de Noël.
« C’est vers cette époque que le vent des contes anglais et nordiques apporte en France l’éclat scintillant des fêtes de Noël , la chaleur intime des veillées bourgeoises près d’un sapin qui n’avait rien de païen, pour être un symbole de reconnaissance et d’espoir. » Charles Dickens – Un Conte de Noël
Pourtant, toute l’essence de Dickens était là, de la peinture des conditions sociales du Londres du 19ème siècle, aux personnages si caractéristiques de son œuvre..
L’œuvre de Dickens est empreinte de la culture Victorienne propre au Londres de l’époque. L’époque Victorienne au Royaume Uni est relative au règne de la reine Victoria 1ère, reine de Grande-Bretagne et d’Irlande (1837-1901), règne durant lequel la Grande-Bretagne connut un grand développement industriel et colonial.
Cependant, Londres à l’époque était une ville où il ne faisait guère bon vivre pour ceux qui n’avaient pas le sou, et Charles Dickens le savait mieux que personne. Son œuvre romanesque est d’ailleurs empreinte par la misère et l’injustice. Les problèmes sociaux constituent l’un de ses thèmes essentiel. Le message qu’il lance à ses lecteurs est l’expression d’une morale fondée sur la générosité, la charité et l’amour.
À l’origine, cette histoire avait été écrite pour rembourser une dette, mais elle est devenue l’un des contes de Noël les plus connus de notre temps, particulièrement en Angleterre et aux USA.

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Première carte de vœux, Sir Henry Cole et John Calcotte Horsley, 1843

Les débuts d’un noël commercial (1880)
Autrefois, il n’était pas très répandu, dans les pays anglo-saxons, d’offrir des cadeaux à l’occasion de la Noël. Puis, au XIXème siècle, on commence en Amérique et en Angleterre à échanger de petits présents le jour de la fête.
Déjà, vers 1850, on trouve dans les revues des annonces d’objets vendus pour être offerts en cadeau, mais dans les revues féminines des années 1880, on encourage les lectrices à confectionner elles-mêmes leurs présents, comme des sacs à main brodés, des bourses garnies de perles, des essuie-plumes et des porte-cartes.
Noël commence à prendre un caractère plus commercial à partir des années 1880. Ainsi, en 1890, dans les publicités du Globe de Toronto, on propose  aux lecteurs d’offrir des manteaux et des capes de fourrure, des bijoux, des édredons piqués et des balais mécaniques.
Dans une réclame parue le 15 décembre 1890, la maison Eaton conseille à ses clients de se rendre sur les lieux dès 8 heures, car grâce à la présence de centaines de vendeurs supplémentaires, un service hors pair leur sera offert au cours des deux semaines à venir. Un autre magasin de Toronto offre une dinde gratuite à quinconque achètera un article d’une valeur d’au moins 7,50 $.
Déjà en 1890, les décorations, les arbres et les bas de Noël, les cadeaux et le père Noël ont entame  le caractère religieux de la fête.
Le personnage de saint Nicolas, ou « Santa Claus », a rapidement évolué au cours du siècle. Il apparaît en 1822 dans le récit intitulé « Twas the Night Before Chrismas », de Clement C. Moore, sous les traits d’un gros bonhomme joyeux  aux joues rouges. Les illustrations de Thomas Nast (de 1860 à 1880 environ) sont à l’origine de l’image moderne du personnage

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Extrait de la série anglaise : Downton Abbey (épisode de Noël) – 2013

Noël aujourd’hui
Nous allons résumer ce que font les Anglais pendant les fêtes de Noël actuellement, même vous allez imaginer que le petit George va passer son 1er Noël cette année : certaines maisons sont décorées avec des plantes vertes à feuilles persistantes (evergreens), qui ne perdent pas leurs feuilles en hiver. On met également une couronne de houx sur la porte de devant et des guirlandes de houx, de lierre et de branches de sapin à l’intérieur.
On place également des bouquets de gui au-dessus des portes – chaque couple passant en dessous devant s’embrasser ! On prépare de la nourriture traditionnelle: les célèbres « mince pies », le copieux « Christmas cake » et le fameux « Christmas pudding ».
On apporte des cadeaux, qui sont placés sous l’arbre de Noël, la nuit précédant le jour de Noël (Christmas Eve).
Beaucoup de familles aiment assister au service de minuit, ou elles vont à l’église le matin du jour de Noël. Les enfants sont très heureux la veille, quand ils accrochent leurs bas, leurs vieilles chaussettes ou leurs taies d’oreiller au-dessus de la cheminée ou au pied de leur lit. Le Père Noël (Father Christmas) peut alors les remplir de cadeaux (presents)
Pratiquement tout le monde s’assoit pour son dîner de Noël, tôt dans l’après-midi du jour de Noël, pour prendre le repas traditionnel composé de dinde rôtie (roast turkey), mais certaines familles préfèrent l’oie (goose) ou le boeuf rôti (roast beef). On fait suivre la dinde du Christmas pudding, qui est servi enflammé. On verse du brandy sur le pudding, puis on l’allume. Le jour se termine en regardant la télévision ou en jouant à des jeux de devinette, comme des charades.

SOURCES :
http://www.pc.gc.ca/fra/lhn-nhs/ns/halifax/visit/~/media/lhn-nhs/ns/halifax/pdfs/victXmas_f.ashx.  (fichier téléchargable en PDF)
http://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00735901/document

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